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Sébastien Fillon ou l’histoire d’un nouveau concept : la copropriété viticole

Devenus vignerons du domaine Le Clos du Serres en 2006, Béatrice et Sébastien Fillon ont vu récemment leur « Clos » 2007 sélectionné en tant que « nouveau talent » dans le guide 2009 des Meilleurs vins à petits prix par la Revue du vin de France . Une belle récompense pour ce jeune couple qui a choisi d’acquérir des vignes selon un nouveau concept : la copropriété viticole.

Sebastien Fillon

« C’est en 2000, à 27 ans, que j’ai choisi de devenir vigneron. Ingénieur chimiste de formation, je souhaitais exercer un métier qui se rapproche de la terre », explique Sébastien Fillon, propriétaire avec sa compagne, Béatrice, du domaine Le Clos du Serres en Terrasses du Larzac. À l’époque, il quitte une situation confortable de salarié pour réaliser son rêve : devenir vigneron. Quand il visite en 2005 ce domaine à Saint-Jean-de-la-Blaquière, le coup de foudre est immédiat. Reste à acheter les dix hectares de vignes et l’ensemble du matériel, mais l’apport personnel du jeune homme est insuffisant. « J’aurais pu emprunter, mais cela imposait des remboursements élevés et une forte pression financière pour démarrer. J’ai alors eu l’idée de proposer à la famille et à des amis de participer à l’achat des vignes. » Et ça marche. L’initiative est un vrai succès et fait boule de neige. « Je pensais toucher uniquement mon entourage proche, soit une vingtaine de personnes au maximum. Au final, soixante-quinze personnes ont souhaité participer à cette aventure, et le bouche à oreille continue aujourd’hui », poursuit Sébastien Fillon. Le fonctionnement est simple et astucieux. Il est basé sur la création d’un groupement foncier agricole : « Le GFA Le Clos du Serres, qui a acheté les parcelles, vend des parts à des “associés-ambassadeurs” et me loue les vignes. » Alors qu’habituellement les montants fixés pour participer à ce type de groupement sont élevés, Sébastien Fillon propose un droit d’entrée de 500 €. « Je souhaitais, d’une part, que cette aventure soit accessible à tous et, d’autre part, trouver des financements pour développer la notoriété du domaine. Je propose une rémunération des parts à 4 % par an, transformée le plus souvent en achat de bouteilles, ce qui est intéressant pour le domaine. » En échange, les associés peuvent avoir des étiquettes personnalisées et bénéficient de tarifs préférentiels sur les cuvées. « Avec cette expérience, je me suis rendu compte à quel point nos contemporains gardent pour la terre, et plus particulièrement pour la vigne et le vin, un attachement culturel et affectif fort. De tous âges, ruraux, citadins, ouvriers, cadres, tous mes associés sont fiers de posséder quelques arpents de vignes et de faire connaître leur vin. Ce sont en plus de véritables ambassadeurs, fidèles et privilégiés ! »

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