« Alors que le Languedoc met en place une stratégie cohérente et lisible de son offre, un débat sur son classement en IGP n’a pas lieu d’être. » Par Philippe Coste, président du CIVL et président du Syndicat du cru Minervois.
Le 28 mai dernier, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, a dévoilé son plan quinquennal de modernisation de la filière vitivinicole, à travers lequel il propose de simplifier la classification de la production française en ne retenant que trois niveaux : les vins sans indication géographique ; les vins ayant un lien fort au terroir et élaborés dans le respect de la tradition, qui porteront l’appellation d’origine protégée (AOP) ; entre ces deux catégories sera créée l’indication géographique protégée (IGP), destinée aux vins issus de vignobles régionaux plus étendus que ceux des AOP et bénéficiant de conditions de production et de rendements plus souples. Dans le Languedoc, la production des appellations d’origine est minoritaire. Elles ne représentent que 2 millions d’hectolitres sur une production totale de 15 millions d’hectolitres. C’est bien là la spécificité de notre région. Nous ne sommes pas dans le « tout appellation ». La nouvelle réorganisation des AOC du Languedoc avec la naissance de l’AOC régionale constitue une réponse à la recherche d’une qualité et d’un lien au terroir encore plus forts. Faut-il rappeler que, pour mettre en place cette nouvelle organisation, nous avons cherché le plus grand dénominateur commun en prenant comme référent l’AOC Coteaux du Languedoc, considérée comme exemplaire au regard de la notion originelle et exigeante de l’AOC ? Les vins de pays d’Oc se sont déjà clairement positionnés pour être classés en IGP. Il n’est pas aujourd’hui question de réduire l’appellation régionale à ce niveau, tout comme les vins de Bordeaux et de Bourgogne n’ont l’intention de l’être. Il est donc aberrant, à l’heure où le Languedoc met en place une stratégie cohérente et lisible de son offre, qu’un tel débat ait lieu.

