« L’engagement des vignerons limouxins pour le développement durable et le respect de l’environnement ne date pas d’aujourd’hui. Ils ont été parmi les premiers, dans les années 1990, à s’engager dans les démarches d’agriculture raisonnée (Terra Vitis, qualification des exploitations, contrat territorial d’exploitation…)
», souligne Richard Planas, directeur du Syndicat du Cru Limoux. Selon la chambre d’agriculture de l’Aude, le pôle limouxin serait désormais « le plus dynamique de la région Languedoc-Roussillon en termes de conversion à l’agriculture biologique
». Autre preuve de cet engagement : à l’heure actuelle, la plupart des entreprises limouxines ont réalisé leur bilan carbone et mis en œuvre un programme de mesures visant à réduire l’empreinte carbone de la filière vitivinicole.
Ce n’est donc pas un hasard si, sur le thème de la biodiversité, l’appellation Limoux fait office de précurseur. « C’est un sujet qui intéresse et mobilise véritablement les vignerons de Limoux. Aujourd’hui, ils sont une cinquantaine à souscrire à nos actions
» indique le directeur. La première initiative* dans ce domaine a été lancée, il y a quatre ans, avec un inventaire des arthropodes sur une trentaine de parcelles de vignes. A la base de la chaîne alimentaire, cette famille d’animaux (ex : crustacés, insectes, araignées…) représente un indicateur majeur de la biodiversité. « Les résultats depuis trois ans traduisent une grande diversité des espèces
» souligne Richard Planas.
A tel point que le 1er septembre 2010, le vignoble Limouxin a été référencé par le programme européen « Life +, Biodivine », consacré à la biodiversité et aux paysages.
Plus récemment, suite à une initiative privée des Caves Sieur d’Arques mis en place dans le cadre des « Vignerons en développement durable », le Conservatoire des espaces naturels du Languedoc-Roussillon a réalisé un diagnostic de la biodiversité biologique sur le territoire du bassin viticole limouxin (oiseaux, lézards, écrevisses, papillons, chauve-souris, sauterelles, orchidées…). « Cette démarche au départ privée a été rejointe par un certain nombre de caves particulières et de négoces de l’appellation. A travers leurs témoignages, cet état des lieux a permis de mesurer l’ampleur du travail réalisé à ce jour par la filière.Cette réflexion a amené le syndicat à rédiger un plan d’actions régionales en faveur de la biodiversité. Certaines actions devraient accoucher courant 2011. Il s’agira notamment de poursuivre la formation des vignerons volontaires, de planter des haies en guide de corridors écologiques sur certaines zones du vignoble, de lancer un programme collectif de protection contre les ravageurs basé sur la confusion sexuelle
et de valoriser l'espace naturel sensible des berges de la vallée du Lauquet
, berceau de la Blanquette, grâce à un parcours mettant en valeur le milieu naturel et viticole » conclue Richard Planas.
* Inventaire réalisé en collaboration avec la Chambre d’agriculture de l’Aude, l’Association pour la recherche et le développement en viticulture durable et le Syndicat du Cru Limoux.